Croire au salut promis par Jésus, à la résurrection et à la vie éternelle, ne supprime ni la douleur de la séparation ni les difficultés du quotidien. Baptisés – ou en chemin vers le baptême, les veufs et les veuves témoignent que la foi n’est pas une assurance tous risques mais un dépouillement : au pied du mur de la souffrance ils approchent avec humilité le Dieu présent aux nuits et aux doutes, ce Dieu qu’on ne possède pas. Celui que Marie-Madeleine désire retenir au matin de Pâques, est vivant ; elle doit le laisser aller et il l’envoie vers une nouvelle mission.
Ainsi la foi appelle à croire et à vivre autrement, à avancer sur un chemin de paix, dans l’attente des Retrouvailles…
Voici quelques textes qui nourrissent notre espérance et éclairent notre vie.
Là où il y a le mal, nous devons rechercher le réconfort et la consolation qui en triomphent et ne lui laissent aucun répit. Dans l’Église, cela signifie : jamais seuls. Poser sa tête sur une épaule qui vous console, qui pleure avec vous et vous donne de la force, est un remède dont personne ne peut se priver, car c’est le signe de l’amour. Là où la douleur est profonde, l’espérance qui naît de la communion doit être encore plus forte. Et cette espérance ne déçoit pas.
Les paroles de saint Paul nous suggèrent que, lorsque nous recevons la consolation de Dieu, nous devenons alors capables d’offrir la consolation aux autres. Les secrets de notre cœur ne sont pas cachés à Dieu : nous ne devons pas l’empêcher de nous consoler en nous imaginant que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces.
Le mystère de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, est la victoire du bien sur le mal. Il est l’Agneau qui donne l’Esprit Saint Consolateur, qui ne nous abandonne jamais, nous réconforte dans nos besoins et nous fortifie par sa grâce (cf. Ac 15, 31).
Ceux que nous aimons et qui nous ont été arrachés par notre sœur la mort ne sont pas perdus et ne disparaissent pas dans le néant. Leur vie appartient au Seigneur qui, en Bon Pasteur, les embrasse et les serre contre lui, et nous les rendra un jour afin que nous puissions jouir d’un bonheur éternel et partagé.
Pape Léon XIV. Jubilé de la Consolation.
Ne le cherchez pas en arrière, ni ici, ni là, ni dans les vestiges matériels qui vous sont naturellement chers. Il n’est plus là. C’est en avant qu’il faut le chercher, dans la construction de votre vie renouvelée… Soyez-lui fidèle là, et non point dans une sensibilité rétrospective avec laquelle il faut avoir le courage de briser.
La véritable trace n’est pas dans certaines manifestations de son activité. Leur disparition même, si douloureuse qu’elles puissent paraître, doit vous libérer, non vous déprimer.
Non pas oublier mais chercher en avant. Malgré tout ce que vous pouvez ressentir où croire, reconnaître avec évidence que votre vie n’est pas finie. Je suis persuadé qu’elle commence.
Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé, ce qui ne veut pas dire oublier celui-ci, mais seulement que votre manière – la vraie – de lui être fidèle consiste à construire en avant, c’est-à-dire à être digne de lui.
Ne vous isolez donc pas. Ne vous repliez donc pas au fond de vous-même. Mais voyez le plus possible vos amis. Donnez-vous. C’est le don qui vous libérera, et vous épanouira. Je voudrais que vous trouviez nombre de gens et de choses auxquels, noblement, vous vous donniez.
P. Pierre Teilhard de Chardin, sj. Lettre à Mme Haardt, veuve. Extraits.
Alors qu’on recherche la paix, la sérénité et l’hommage au conjoint disparu, l’irruption de la culpabilité vient jeter un trouble. Pourtant c’est un sentiment normal, inhérent au processus du deuil. Vrai ou fausse, une culpabilité s’alimente des dits et des non-dits, des faits et des non-faits, de l’impossibilité de revenir en arrière, de l’absence de l’autre comme interlocuteur, de la
« sacralisation » de la mémoire du défunt. De nombreuses questions se posent alors : comment passer de la culpabilité au pardon : pardon à soi-même, pardon à l’autre, « pardon à Dieu », pardon de Dieu.
La culpabilité c’est lourd à porter, surtout que cela s’accompagne de mésestime de soi : la souffrance d’avoir déçu. Et c’est un sentiment indéracinable. La culpabilité vous colle à la peau comme une tique.
P. Denis Sonet. La culpabilité, le pardon. Extraits d’une conférence – Lourdes 2007. Brochure disponible.
Quelqu’un a levé le voile sur ces questions-là : c’est le Christ. Il y a eu « révélation » : il nous a dit le cœur de Dieu.
Dans l’Ancienne Alliance, Dieu s’est révélé peu à peu, mais on ne pouvait le voir. A Abraham et à Moïse, il s’est révélé peu à peu. Les prophètes ont annoncé de manières différentes ce Dieu qui devait venir, jusqu’au jour où le Christ est venu nous dire qui il était.Le jour de la Transfiguration, Jacques et Jean ont vu Dieu en Christ. La loi et les prophètes étaient représentés par Moïse et Elie. C’était déjà l’annonce de la résurrection. Ils lui demandent quand il va rétablir le Royaume. Par sa mort et sa résurrection à Jérusalem, il révèlera le mystère de l’amour jusqu’au bout.
Mgr Yves Patenôtre – Diocèse de Troyes. Extrait d’une conférence – Lourdes 2022.
Être fidèle à l’être aimé(e) et à Dieu. Ce désir s’exprime souvent dans nos dialogues entre veufs, veuves. Cependant la fidélité au conjoint décédé est parfois mal comprise par certains d’entre nous et par des personnes qui ne sont pas veuves, qu’elles soient célibataires, en couple, religieux ou prêtres. En effet, si nous considérons qu’elle consiste seulement en une vie sans nouvelle relation d’affection, nous sommes loin de la fidélité à laquelle nous appelle le Christ.
« Le mystère chrétien, c’est : « Le Verbe s’est fait chair. » Jean 1. C’est-à-dire que le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu, est entré dans le réel de notre humanité. Plus je colle au réel de ma vie tel qu’il est aujourd’hui, en fidélité à ce que j’ai reçu du passé, plus je rejoins le Christ, et plus j’entre dans son dessein de salut pour toute l’humanité. Ma vie est ce qu’elle est. Le grand moyen d’être fidèle à mon époux, à mon épouse, est de prendre au sérieux ma vie telle qu’elle est aujourd’hui, de l’accepter et de l’aimer dans la foi. »
P. Georges Maurice
La mort peut donner du prix à la vie. Elle nous donne le prix de l’instant présent. J’aime à dire à tous ceux qui s’aiment : « Goûtez chaque minute ! Puisque la vie est courte, raison de plus de la savourer ». La mort nous dit : « Sois assez intelligent pour vivre vraiment formidablement ce peu de temps où tu es sur terre ». Ne soyons pas des morts déjà. Émerveillons-nous de la vie, apprécions la vie !
P. Denis Sonet. Extraits de la conférence : La mort a-t-elle un sens ? – Lourdes 2012
Nous sommes appelés à nous réjouir avec tous ceux et celles, innombrables, qui ont cru et qui se sont laissé entraîner dans la dynamique de vie que Jésus nous propose dans l’évangile des « béatitudes ».
Nous avons peut-être du mal à faire de la Toussaint une fête joyeuse. Toutes ces fleurs que nous déposons sur les tombes de nos défunts veulent témoigner de l’affection que nous leur portons.
Car nous ne pouvons pas les oublier… Mais en même temps se réveillent de douloureux souvenirs.
Ne faisons pas de la fête de la Toussaint une fête du souvenir. Car la Toussaint est surtout et d’abord la fête de l’avenir. Et l’avenir proposé par Dieu à tous les hommes, c’est la sainteté. Partager sa sainteté, sa propre vie, son bonheur.
P. Paul Branchereau. Diocèse de Nantes.
Dans le symbole des Apôtres, nous disons :
« Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise Catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »
Que veut dire « la communion des saints » ?
Entre chrétiens, nous faisons l’expérience d’une communion, source de joie, à la suite d’un échange en profondeur sur un domaine de la foi, ou d’une prière fervente en communauté, ou d’une action de charité partagée avec d’autres. Entre nous sur terre, en vivant un lien intime avec Dieu et avec ceux qui sont passés auprès de Dieu, existe aussi une communion de cœur, une communion spirituelle que le Christ ressuscité nous accorde. Le ciel, c’est la rencontre intime de Dieu et de l’homme : nous sommes invités à le vivre durant notre pèlerinage sur terre ; et les êtres chers qui ont fait le passage le connaissent dans le face à face avec Dieu. En Dieu, d’une manière imperceptible, ils nous restent proches et unis. Qu’en l’Esprit Saint, nous connaissions cette joie de la communion des saints.
P. Henri Bienaimé – Diocèse d’Arras.
Les vivants de l’Eglise du ciel sont en lien étroit entre eux et avec nous, vivants de l’Eglise de la terre. Veufs, nous pouvons expérimenter concrètement la communion des saints. Nous pouvons compter sur ceux qui nous précèdent dans le cœur de Dieu. Ils veillent sur nous et intercèdent pour nous. Les solliciter est une manière de les aimer ; c’est reconnaître leur capacité à poursuivre leur mission d’époux, de parent…
Dans l’eucharistie, la communion au Corps du Christ permet un lien particulier avec celui que je ne peux plus voir ni toucher.
Ce que je vis aujourd’hui a de la valeur. La vie de mon mari est accomplie ; moi, j’ai encore du chemin à parcourir, ma mission ici continue. Il m’accompagne autrement et je peux guetter les signes de sa présence.
Sylvie Simon


ESPÉRANCE ET VIE
est un mouvement
de la Pastorale
des Familles