Au quotidien

Vivre le veuvage au quotidien


La mort du conjoint provoque un bouleversement du quotidien du veuf, de la veuve et de ses proches.
Comment continuer à vivre, sans lui, sans elle ?

Un bouleversement

Quelles que soient les circonstances du décès, tout le quotidien est transformé : repas, finances, organisation matérielle…
Il faut faire face à des démarches et formalités inédites.
Selon la répartition préétablie des tâches, celles de l’autre s’ajoutent à celles de celui qui reste.
Il faut solliciter des aides pour ce qu’on ne peut pas assumer seul.
S’il y a des jeunes enfants, c’est toute l’intendance qu’il faut revoir sans délai.
Si les enfants ont quitté le nid ou si le couple n’en avait pas, le silence s’installe et plus rien ne bouge.
Peut-être va-t-il falloir trouver un nouveau logement ? un nouveau travail ?
Le deuil peut provoquer un déséquilibre du sommeil, de l’appétit, etc… Il génère fatigue, oublis et maladresses.
La question du tri des affaires du conjoint se pose dans un délai plus ou moins proche…

Vivre veuvage au quotidien - Solitude veuve, veuf
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Un vide intérieur

La personne veuve ressent un grand vide : c’est le sens du mot « veuf » (étymologie). Le vide est ressenti très fortement si la maladie du conjoint a nécessité une présence continue à ses côtés. Il l’est aussi si le décès est survenu brutalement.
Avec ou sans enfant, l’absence de l’être aimé est immense, pesante, envahissante.
La solitude est particulièrement douloureuse en fin de journée, le dimanche, les jours de fête.
Le partage de dialogue, de tendresse et de complicité n’existe plus. Les projets à deux sont arrêtés.
Il faut décider seul pour tout, y compris pour ce qui engage l’avenir : éduquer les enfants, vieillir seul…
Et si la relation conjugale était distendue, voire impossible, le décès ravive regrets et questions sans réponses.

Le vide autour de soi

Au fil des semaines, un vide se fait autour de la personne veuve, quel que soit son âge ou sa situation familiale.
Il est fréquent que les amis prennent de la distance.
Le prénom du défunt n’est souvent plus prononcé, alors qu’on aimerait évoquer les souvenirs.
Les collègues de travail évitent le sujet et la hiérarchie exige d’être très vite opérationnel.
Certains attachements peuvent s’avérer nocifs et une vigilance s’impose.
La relation entre parent seul et enfants adultes est à construire sur des bases nouvelles.

Quand je suis face à un choix,
quand je dois prendre une décision,
qu’est-ce que je fais ?

Expressions des participants au week-end  Espérance et Vie :
« Seul(e) face aux choix et aux décisions ».

Le secret, c’est d’être RE

RÉAPPRENDRE à vivre au quotidien
RÉHABITER mon corps et en prendre soin
RETROUVER un équilibre personnel
REGARDER et me laisser regarder
RÉSISTER à la tentation du repli sur moi
RELEVER le défi de la rencontre
RETISSER des liens en famille et dans mes lieux de vie
REVIVIFIER ma foi mise à l’épreuve
REPERER mes talents et mes centres d’intérêt
RECONNAITRE ce que ma vie de couple a changé en moi
REDECOUVRIR ma force intérieure
REPARTIR dans la confiance
RÉORIENTER mes projets personnels et familiaux
RÉPONDRE aux appels à donner et me donner
REPRENDRE goût à la vie
RENAITRE à l’espérance au souffle de l’Esprit.

Vivre la solitude 

L’homme de ma vie

 

J’ai connu mon mari quand j’étais très jeune et je n’ai jamais vécu seule. Sa mort laisse un vide immense. Je ne sais pas faire des projets.

Le manque

Le jour du mariage de ma fille, j'étais bien entourée, mais pourtant je me sentais très seule. Mon mari m'a beaucoup manqué pour ce grand événement familial.

Malade

 

J’ai passé des examens et je dois subir des traitements lourds. Les souvenirs des moments où j’ai accompagné mon épouse reviennent. Qui prend soin de moi maintenant ? Qui me tiendra la main ?

Belle-famille

La relation avec mes beaux-parents m’attriste : j’ai l’impression de n’être plus rien pour eux. Je ne suis pas invité, ni à Noël ni aux fêtes de familles. Est-ce parce que nous n’avons pas eu d’enfant ?

« Sa » place

Que c'est difficile de se retrouver seule à table face à une chaise maintenant vide ! Le jour où j'ai décidé de me mettre à « sa » place, les repas sont devenus plus faciles.

Invitation

Un jour j’ai invité un couple de bons amis comme nous le faisions avant. La veille la femme m’a dit que son mari ne viendrait pas. Nos relations s’étiolent. J’ai aussi perdu une amie.

Vie ordonnée

Je garde un rythme de vie : temps de prière avec la radio, repas à heures fixes, activités l'après-midi. Sans cette vie ordonnée, je risquerais de me laisser aller.

Au-delà de l’isolement

 Les soignants se succédaient chez nous pour mon mari. Depuis sa mort je redoute l'isolement. J'ai rejoint une chorale et accepté d'entrer au CA. Cela me permet de sortir de chez moi et de tisser des liens.

Solitude habitée

Je me sens très fragile et angoissé. Parfois je ressens que l’amour de ma femme continue : ma solitude est habitée. C'est une sorte de présence qui m'apaise.