La culpabilité, le pardon

Nuage réconciliation - foi chrétienne - veufs et veuves

P. Denis Sonet. La culpabilité, le pardon.
Extraits d’une conférence – Lourdes 2007.
Brochure disponible.

Alors qu’on recherche la paix, la sérénité et l’hommage au conjoint disparu, l’irruption de la culpabilité vient jeter un trouble. Pourtant c’est un sentiment normal, inhérent au processus du deuil. Vrai ou fausse, une culpabilité s’alimente des dits et des non-dits, des faits et des non-faits, de l’impossibilité de revenir en arrière, de l’absence de l’autre comme interlocuteur, de la « sacralisation » de la mémoire du défunt. De nombreuses questions se posent alors : comment passer de la culpabilité au pardon : pardon à soi-même, pardon à l’autre, « pardon à Dieu », pardon de Dieu.

La culpabilité c’est lourd à porter, surtout que cela s’accompagne de mésestime de soi : la souffrance d’avoir déçu. Et c’est un sentiment indéracinable. La culpabilité vous colle à la peau comme une tique. Devant le tribunal on peut être acquitté, mais on n’est pas forcément acquitté devant le tribunal de la conscience.

Je voudrais bien clarifier les choses : ne pas confondre le sentiment de culpabilité et la vraie culpabilité.

Les fausses culpabilités : c’est quand on a un sentiment de culpabilité et que notre raison nous dit : « Mais tu n’y es pour rien dans ce cas-là ! » 

La raison me dit si je suis coupable. Je suis coupable si je peux répondre oui à deux questions :
– Est-ce que j’avais conscience de mal faire en faisant ce que j’ai fait ? Sinon je ne suis pas coupable.
– Est-ce que je pouvais faire autrement ? Parce que quelquefois on a été contraint à poser des actes qu’on n’aurait pas voulus.

Ce qui compte c’est notre conscience. L’Eglise nous dit bien que ce qui doit juger en dernier ressort, c’est la conscience. A condition bien sûr qu’elle soit éclairée. Quand vous sentez que monte en vous un sentiment de culpabilité qui n’est pas fondé, que votre raison ne peut pas justifier, vous dites « stop », vous tournez la page. C’est fini, vous respirez.

Ne confondons pas pardon et oubli : si une situation m’a blessé profondément, elle est inscrite en moi. C’est la mémoire qui fonctionne. Pardonner c’est déjà regarder l’autre comme une personne aimée de Dieu.

P. Denis Sonet. La culpabilité, le pardon. Extraits d’une conférence – Lourdes 2007. Brochure disponible.