Entraide et réconfort entre veufs et veuves


Espérance et Vie est le mouvement de l’Eglise de France qui a pour mission l’accompagnement des personnes dont le conjoint est décédé.
Les membres sont tous veufs ou veuves. C’est un lieu d’entraide dans l’amitié et d’approfondissement spirituel.

Grâce à l’écoute et aux échanges, Espérance et Vie permet de se relever.

Propositions

  • Des groupes de parole, où sont abordés de nombreux sujets en lien avec le vécu du veuvage, choisis dans le fichier d’animation des réunions.
  • Des journées diocésaines, avec parfois l’intervention de professionnels.
  • Des sessions d’un à trois jours, organisées par tranche d’âge.

Il est possible de rejoindre un groupe à tout âge et quel que soit le temps de veuvage.

Chacun, chacune reste le temps qui lui est nécessaire pour reprendre souffle, retrouver la confiance, et poursuivre sa vie… autrement.

Reflet, bulletin trimestriel thématique, nourrit la réflexion.

L’association est nationale et des groupes existent dans la plupart des départements.

Témoignages


Sylvie

Quand mon mari est mort j’avais 39 ans. Nos trois enfants avaient presque huit ans, six ans et trois ans, et un quatrième allait naître quelques mois plus tard. Je savais qu’un mouvement d’Eglise existait pour les personnes veuves, mais je craignais de me sentir en décalage du fait de mon âge. De plus c’était compliqué de faire garder mes enfants pour me déplacer.

Un peu plus de deux ans après, sur l’insistance d’un prêtre ami, j’ai pris contact avec le mouvement. Très vite je m’y suis sentie normale et j’ai pu rencontrer d’autres veufs et veuves de ma tranche d’âge. J’ai découvert qu’une entraide est possible pour porter nos croix.

Au fil des années, je m’y suis fait des amis, de mon âge et plus âgés. Nous pouvons parler de tout sans gêne : besoins, incompréhensions, peurs… Les relations sont simples et nous nous comprenons. Nous partageons la même espérance.

Jean-Paul

Nous nous retrouvons chaque mois chez Cécile. Nous sommes dix. C’est un moment d’échanges et de fraternité. Cela me permet de reprendre confiance en moi et de me rassurer en me disant que je ne suis pas seul. J’apprécie ces moments de bienveillance et d’écoute.

Geneviève

J’ai appris à être veuve

La mort de mon mari, j’y étais psychologiquement préparée par quatre ans et demi de lutte contre le cancer, bien difficiles pour lui comme pour moi. Il avait une telle présence que, même séparés par la mort, il me paraissait évident qu’il serait toujours près de moi, et que si je ne le voyais plus il se manifesterait par quelques signes. Eh bien non, jamais. J’ai dû admettre la réalité, la mort de mon mari.

Alors comment vivre cette réalité ? J’ai pensé : ma famille, nos amis, tous l’aimaient. Il me semblait que tout cela devait se reporter sur moi. Eh bien non. Malgré l’affection sincère de mes enfants, petits-enfants, amis et famille, je me sentais bien décalée. Il fallait passer le gué, faire un passage.

C’est alors qu’il y a eu quelques appels discrets, très discrets, du mouvement Espérance et Vie. Alors j’ai regardé autour de moi les veuves. J’en connaissais beaucoup sans y avoir prêté beaucoup d’attention, sauf à l’une de mes nièces qui avaient été veuve à vingt-quatre ans avec trois petites filles. Elle m’a parlé avec beaucoup de sérénité, de sensibilité et de mesure d’Espérance et Vie. Son témoignage de jeune femme veuve m’a entrouvert les portes.

Je suis entré dans ce mouvement, et j’y ai ressenti des liens d’amitié sincère. Enfin je pouvais parler de ma souffrance de veuve, de mère de famille monoparentale – même si dans notre cœur, à travers la foi et la communion des saints, notre foyer reste une famille ; mais dans la vie au quotidien, c’est tout autre.

En équipe avec les autres, avec notre aumônier accompagnateur, j’ai découvert et ressenti la toute-puissance de l’Amour de Dieu dans ce nouveau parcours de vie. C’est cela qui m’a aidée à me reconstruire en vérité, malgré le passage difficile de la mort de notre fils François, cinq ans après son père. J’ai appris dans ce mouvement à être veuve, à être moi-même, à me mettre face aux réalités. Je marche d’une autre façon, comme mon mari m’aime d’une autre façon, un peu à la façon de Dieu. Comme Dieu, il me laisse libre de mes choix, de mes responsabilités.

Quel chemin parcouru ! Il y a, comme dans toute vie, la souffrance ; mais il y a un amour, une force qui vient, de près ou de loin, je ne sais pas, mais qui m’aide à toujours me relever et marcher. Il y a aussi – et je le dis très fort – beaucoup de joies vraies et profondes qui viennent de l’Amour de Dieu.

Mon souhait, c’est que beaucoup de personnes veuves rencontrent ce mouvement : il est fait pour les aider à faire ce passage. Sur l’autre rive, il y a toujours une façon ou une autre de se reconstruire. Mon mari dans la communion des saints m’y aide, et Dieu nous dit, comme à Abraham : Confiance, va, quitte et marche.

Ce que le mouvement n'est pas


– un « club de rencontres », même si on y fait de belles rencontres.
– un lieu pour raconter sans cesse la mort du conjoint. Chacun l’évoque ou non, selon le thème.
– une équipe liturgique, même si nous lisons la Parole de Dieu pour y trouver un éclairage par rapport à ce que nous vivons.
– un groupe de prière ; mais un temps de prière est proposé à chaque réunion.
– une fraternité de veuves consacrées. Il n’y a pas d’engagement.