J’avais 54 ans quand mon mari est décédé. Désemparée mais décidée à vivre pour nos enfants, j’ai commencé à aller à la messe en semaine. J’ai participé aux récollections dans ma paroisse et à une retraite. Je me suis mise en marche : messe quotidienne, liturgie des heures, lectio divina. Un dimanche j’ai été interpellée par le récit de l’appel de Matthieu dans l’Evangile de Saint Luc : « Suis-moi ». A ces deux mots imprimés dans ma tête et dans mon cœur, je répondais intérieurement : « Oui Seigneur, mais comment ? Eclaire-moi. » Mon accompagnateur spirituel m’a proposé l’oblature ou la consécration.
J’ai prié et cherché. Sur internet j’ai trouvé l’Institut Séculier Sainte Françoise Romaine, constitué de veuves qui ont répondu à un appel du Seigneur. Les consacrées, après une période de formation, prononcent des vœux (chasteté, pauvreté, obéissance) pour un an, renouvelés trois fois avant les vœux perpétuels. En lien les unes avec les autres, et sans être coupées de leurs enfants, elles participent aux rencontres animées par l’aumônier, menant une vie de prière et en service dans leurs paroisses respectives : catéchuménat, équipe des funérailles, aumônerie d’hôpital…
J’ai fait connaissance avec mes sœurs de Sainte Françoise Romaine à Montmartre au cours d’une retraite. Quel accueil inoubliable ! Elles portaient la même blessure que moi. J’avais trouvé ce que je cherchais : ma vie donnée au Seigneur dans le veuvage consacré. Malgré les difficultés, la paix et la joie ne m’ont plus quittée. Tout au long de mon cheminement, je me suis sentie soutenue et encouragée par mes sœurs, par mon époux toujours présent dans mon cœur, et par nos enfants qui ne se sont jamais opposés à mon engagement et qui étaient tous présents lors de mes vœux perpétuels.
Je rends grâce au Seigneur pour toutes les merveilles qu’il fait pour moi, pour cette fraternité que j’ai trouvée, et pour les enseignements qui m’aident à progresser dans ma vie spirituelle.
Mon veuvage n’est pas la fin de mon histoire qui se prolonge dans la vie consacrée. Notre mariage est dissous aux yeux du monde ; en réalité il est transformé.