Suite à un assassinat

L'écoute et le réconfort apportés à une jeunes veuve par le mouvement Espérance et Vie, après l'assassinat de son mari


Elles m'écoutaient parler de mon mari

Le 15 décembre 1996, mon mari, ingénieur français en télécommunications, fut assassiné à Buenos Aires. Au moment d'une perte aussi douloureuse, il est bon de se rapprocher d'un groupe de parole comme Espérance et Vie. J'aurais pu aller voir un spécialiste, mais je ne crois pas que cela m'aurait aidée autant que le fait de parler avec des personnes vivant une souffrance semblable à la mienne.

J'avais deux enfants, de 3 ans et 18 mois, et j'avais peur de ne retrouver que des femmes âgées. Rencontrer des veuves du même âge que moi m'a beaucoup aidée. On ne vit pas un deuil de la même façon à 20, à 40 ou à 60 ans. Ces femmes me comprenaient, elles pleuraient avec moi, elles m'écoutaient parler de mon mari sans jamais être mal à l'aise. Je pouvais dire tout ce que je pensais. ¿ l'extérieur du groupe de parole, les gens à qui je pouvais me confier avaient peur de m'écouter, peur de cette épreuve que je vivais. Ils étaient gênés et me laissaient bien seule.