Suite à une mort brutale
Une déchirure qui ne dure pas qu'un an
Amputée d'une partie de moi-même
Mon mari est mort d'un infarctus. J'ai compris à quel point l'expression ´ ma moitié ª était pleine de sens : j'ai été comme amputée d'une partie de moi-même, presque de façon physique. Mon mari était toujours à ma gauche en voiture, à table, ou dans notre lit. Or, après sa mort, je ressentais comme une déchirure dans mon bras gauche.
On dit quelquefois qu'il faut un an pour faire le deuil. Ce n'est pas exact. La première année, en fait, on apprend à vivre seul. Chaque jour est une ´ première fois ª sans l'autre : le premier printemps, la première réunion de famille... Tout est nouveau et douloureux. C'est comme une seconde naissance, il nous faut réapprendre à vivre, autrement.
La deuxième année est différente, on a déjà un passé tout seul. Quatre ans et demi après le décès de mon mari, j'ai pu dire que j'allais mieux : la vie est plus forte que la mort !
Mais encore aujourd'hui, je souffre de l'absence de mon mari au jour le jour et me surprends en train de penser : ´ Tiens, je vais lui dire que... ª.